BIOGRAPHIE

1874

Georges Pierre Hippolyte Bouche naît le 22 janvier à Lyon.

1887 – 1891

Bouche peint ses premières toiles à Lyon et au Devay, une propriété de famille dans le Dauphiné. « Mes premiers essais en peinture datent de ma treizième année ; je me suis débrouillé comme j’ai pu avec les couleurs ; tout le monde trouvait cela détestable autour de moi. »

Adolescent, il collabore à la rédaction de journaux locaux : « J’attaquais violemment tout ce qui est professeur et école en Beaux-Arts, on appréciait ma façon d’écrire, mais on doutait de ma façon de peintre. »

1892

En décembre, sans doute sous la contrainte de sa famille, il s’inscrit pour peu de temps comme élève architecte à l’École des Beaux-Arts de Lyon.

1893

A l’approche de sa vingtième année, Bouche rend visite au paysagiste lyonnais Louis Carrand, auquel il voue une grande admiration comme en témoigne l’article intitulé « Sur Carrand », qu’il rédige dans les pages du journal La Vie.

Bouche envoie des dessins au Salon local qui les lui refuse. Il décide de quitter Lyon qu’il juge trop peu favorable à l’épanouissement d’un jeune peintre indépendant. Il gagne la capitale sous le prétexte d’étudier l’architecture à l’atelier Blondel.

« Je me suis juré de lâcher Lyon, persuadé que la vie y était impossible pour un artiste ; un beau matin je débarquai à la gare de Lyon et, du pont d’Austerlitz, j’admirai pour la première fois Notre-Dame. »

A Paris, il rencontre le peintre Raffaëlli : « A Paris je ne suis jamais rentré dans aucune académie. Mais un jour, dénué d’argent et en me demandant comment je pourrais bien en obtenir, l’idée me vint que, comme autrefois, les peintres célèbres pouvaient bien avoir besoin d’apprentis pour des fonds, des détails, etc. A ce moment-là on parlait beaucoup de Raffaëlli, je me procurai son adresse et allai lui demander du travail. Il en fut abasourdi. Mais il me pria de revenir et de lui montrer ce que je faisais. Le lendemain il me fit une visite, et les peintures que je lui montrais ne lui plaisaient pas beaucoup à cause de l’excès de matière. Néanmoins il me prédit les plus vifs succès. »

1894

Mort de son père. George Bouche reprend en partie l’activité commerciale paternelle de papiers peints, qu’il fera prospérer en Espagne. Désormais, le peintre passera plusieurs mois par an en Espagne et au Portugal où il représenta la Maison Sanderson.

1895

Domicilié à Paris, 4 rue d’Hautefeuille (6e). Le 12 novembre il part au service militaire.

1896

En novembre 1896 il est libéré de son Service militaire.

Bouche rencontre le peintre Pierre Laprade ; ils se lient d’amitié. Vivant sous le même toit, partageant le même atelier, les deux peintres poursuivent des recherches picturales analogues. La signature « George Bouche » caractérise cette période, où le peintre utilise encore une palette de couleur dont la fraîcheur tranche avec le reste de la production. Les petites touches de matières sont encore mesurées.

1897

Bouche est domicilié au 116 rue d’Assas, Paris (6e).

1899

Bouche réside un temps à Madrid, au 24 rue Almagro. De ses séjours en Espagne, il rapporte des objets anciens, des statues et des manuscrits précieux.

1902

Bouche expose pour la première fois au Salon des Indépendants à paris et continue régulièrement ses envois jusqu’à la guerre.

1903

Bouche expose pour la première fois au Salon d’Automne.

1904

Les frères Marius et Ary Leblond, prix Goncourt 1909, sont les premiers à remarquer la peinture de Bouche, et ne tardent pas à établir de solides liens d’amitié avec l’artiste.

Lors d’un voyage de Lyon à Clermont-Ferrand, Bouche découvre l’Auvergne. Il s’établit à Marnat, lieu-dit à Celles sur Durolle dans les montagnes du Haut Forez. Tous les ans, il fait une « cure habituelle aux champs » en passant quelques semaines ou quelques mois dans cette nature où il mène une vie douche et austère de franciscain. C’est lors de ses retraites à Marnat que Bouche peint la plus grande partie de ses paysages. « Je travaille donc du matin au soir – et j’aimerais bien continuer ainsi. La vie, le mouvement artistique conduisent à des excitations artificielles – mais jamais on ne perd son temps à considérer un arbre, les animaux, les gens dans la campagne – l’excitation de la solitude en pleine nature plutôt que les banquets, les bals, les cafés ! »

1905

Participe à une exposition Bouche, Dufrenoy, Fornerod, Friesz, Minartz, Ranson, chez Berthe Weill.

En septembre, Bouche répond à L’enquête sur les tendances actuelles des arts plastiques de Charles Morice publiée au Mercure de France.

1908

Participe à une exposition chez Berthe Weill.

A Marnat, Bouche peint de grands paysages dont certains tendent à l’abstraction. Ils sont caractérisés par l’utilisation de couleur pastel et un traitement de la matière étalée irrégulièrement sur la toile au moyen d’un pinceau assez large.

c.1910

Bouche fait la connaissance du poète Francis Jammes, avec lequel il partage un même amour de la nature. Dans leur correspondance, Bouche évoque fréquemment son sentiment religieux et ses élans mystiques.

c.1912

Il rencontre le peintre Emilie Charmy (1878 – 1974).
Bouche expose au Salon d’Automne un portrait de son ami, le peintre Charles Lacoste.

1914

Bouche est mobilisé dans le 2e Régiment d’Artillerie.

1915

Le 20 mars, il est victime d’un accident de cheval qui lui brise la jambe gauche.
Le 21 novembre, à Paris, naissance d’Edmond Bouche fils unique d’Emilie Charmy et de George Bouche.

1918

Bouche est démobilisé le 28 janvier.

La fin de la guerre, qui bouleverse les consciences et laisse son empreinte dramatique dans l’œuvre du peintre, voit le retour de Bouche à Paris, au 24 rue Morère (14e).

1919

Bouche est domicilié à Paris au 11 rue Mallebranche (5e).

Première exposition personnelle à la galerie André Pesson, Paris. Œuvres réalisées entre 1893 et 1914. Le catalogue est préfacé par l’artiste.

En décembre de la même année, Bouche fait la connaissance du peintre et critique musical Lucien Mainssieux. De cette première rencontre, Mainssieux garde un souvenir ému. Il décrit Bouche, alors âgé de 45 ans comme : « un homme dans la force de l’âge, avec un buste d’empereur romain ; une figure forte et fraîche illuminée d’un sourire candide et enfantin ; le crâne rasé, le teint rose et matinal, l’encolure colossale, qu’harmonisaient un linge immaculé et un ample complet gris souris. »

Bouche publie à cette date, chez l’éditeur Eugène Figuière, un essai critique intitulé Peinture.

Dans cet opuscule, il analyse les différents mouvements picturaux, dont il a vu la naissance et le développement, à la lumière du concept de la liberté créatrice qu’il érige en principe fondamental.

1920

Georges Rouault, à l’invitation de Bouche et de Charmy, vient durant l’été à Marnat.

1924

Exposition George Bouche chez Eugène Blot, à Paris. Ce marchand se passionne pour sa peinture : « Je fus ébloui de ce que je vis, et je dois dire aussi pour être franc, un peu interloqué devant certaines audaces et certaines nouveautés qui me semblaient abstraites et lointaines, mais m’attiraient étrangement ». Blot fit admettre la peinture de Bouche à de grands collectionneurs comme Alphonse Kann, Louis Bernard ou le Baron Gourgaud. Le catalogue est préfacé par Marius et Ary Leblond, Lucien Mainssieux et l’artiste lui-même.

Marius et Ary Leblond parlent de l’importance de la nature dans l’œuvre de Bouche : « Comme Cézanne dans la Provence, il vit dans et de l’Auvergne. Combien de peintres aujourd’hui sont capables de passer des mois entiers seuls dans l’herbe et en face des arbres pour la joie et la noblesse de peindre, les yeux possédés de ciel ? La plus dominatrice originalité des œuvres de Bouche, c’est leur atmosphère. Elle a les profondeurs sérieuses du crépuscule, mais elle recèle aussi les naïves fraîcheurs de l’aube ; c’est une ambiance spéciale, comme une buée ondulant du gris-perle au mauve à travers laquelle la lumière ménage des sourdines, une pénombre cendrée à Puvis, encens nébuleux que dégagent les puissantes réalités de la terre, verdures, eaux et rochers. Par une pâte riche, moelleuse, onctueuse, qui circule à grandes coulées, à la fois brute et précieuse, sensuellement irisée de la sève des choses, il poursuit l’unité de matière et par larges accords, y réalise des symphonies. »

Le poète Francis Jammes écrit au sujet de l’exposition quelques lignes dans La Vie, lesquelles témoignent de la profonde et haute compréhension de l’œuvre de son ami.

Bouche écrit à Mainssieux : « Je n’ai pas fait le planton à mon exposition. Le premier jour dix toiles étaient casées, même une achetée par Vauxcelles qui a subi à mon égard le phénomène de renversement. »

Quelques semaines plus tard, Bouche rencontre Katia Granoff, alors secrétaire au Salon des Tuileries installé cette année-là au Palais de Bois de la porte Maillot. Elle devient le modèle favori du peintre. Au cœur de la vie artistique parisienne, Katia Granoff impose rapidement sa galerie comme un lieu incontournable du marché de l’art contemporain, dans laquelle Bouche occupe une place privilégiée.

1925

Mort de sa mère, Louise Bouche.
George Bouche refuse d’exposer chez Eugène Blot.

1926

Bouche acquiert une propriété en bord de Seine, à Ablon sur Seine.

Il illustre de 77 dessins le recueil de poèmes en prose de Marius et Ary Leblond intitulé Nature, dans la collection de Gustave Coquiot, chez l’éditeur André Delpeuch.

1927

Bouche illustre de vingt dessins un roman de Pascal Thémanlys, Le souffleur.
Exposition personnelle à la galerie Katia Granoff, Paris, Peintures d’Imagination.

1928

Exposition personnelle à la galerie Eugène Blot, Paris. Elle connaît un vif succès. Le docteur Albert Charpentier rend compte, dans un petit essai intitulé George Bouche, de ses impressions face aux œuvres exposées.

1929

Exposition personnelle à la galerie Georges Bernheim, Paris. Bouche écrit à Mainssieux : « A un retour de Lyon je trouve votre carte Algérienne, et si vous avez interprété mon goût pour la solitude comme un désir d’éloignement ce n’est pas exact – il fallait comprendre que je n’aime guère sortir de mon repaire – que vous m’y faites toujours le plus vif plaisir en venant m’y chercher – mais aller à Paris, cela ne m’excite pas. Ainsi, depuis quelques jours Georges Bernheim a fait une exposition de moi, et je n’y suis pas encore allé ! »

1931

Mariage de Bouche et de Charmy le 1er Août à la Mairie du 7e arrondissement de Paris.

1937

Bouche expose 53 tableaux à la galerie Durand-Ruel, Paris. Le docteur Albert Charpentier écrit un texte pour le catalogue.

Participe avec cinq œuvres à l’exposition Les Maîtres de l’Art Indépendant 1895 – 1937.

1938

Bouche visite l’exposition Monticelli chez Alfred Daber à Paris : « Monticelli qui, en faisant abstraction de cette part de répétition commerciale, si commune à tant de peintres, comporte au suprême degré la clé du Rêve, de la poésie, du don. Il y eut Chez Daber, Bd-Hausmann, en 1938 une exhibition de choix, une merveille. J’en ai les reproductions. »

1939

En mars, exposition George Bouche chez Katia Granoff, Quai de Conti à Paris, comprenant une cinquantaine d’œuvres.

Le même mois le directeur du Musée de Bâle choisit d’exposer des œuvres de Bouche en compagnie de celles de Laprade, Marquet, Mainssieux et Fournier.

En avril, exposition Bonnard, Laprade, Bouche, Galerie Durand-Ruel, Paris.

1940-1941

En février 1940, il se fait soigner à Lisbonne pour une broncho-pneumonie.

Le 11 juin, Bouche et Charmy quittent précipitamment Ablon pour Marnat où ils arriveront le 25 du même mois. La santé du peintre se détériore ; il doit rester alité. En décembre 1940, il apprend que sa maison d’Ablon ainsi que ses peintures ont été pillées et saccagées. George Bouche meurt à Marnat le 12 mai 1941.

George Bouche Autoportrait Circa 1925 Huile sur toile. 73 x 60 cm
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